En cette veille de trêve estivale, Jean Hiraga nous fait écouter son système dans l'environnement de la Revue du son.
Ludovic, YvesF, Véronique, Jean-Pierre, BrunoV, Jérôme et Raoul s'y rendent en deux fournées fin juin et début juillet 2005.

le caisson situé tout à gauche est utilisé en configuration home-cinéma

on aperçoit derrière la VOT une B&W testée pour le prochain numéro de la revue

noter la thibaulde glissée entre les cellules du pavillon

Shok Absorber sous les VOT (comme sous tous les autres éléments de la chaine de reproduction)

tweeter JBL 2404

une partie du filtrage passif

la table qui supporte des sources et les électroniques

la câblerie à l'arrière des appareils

préampli passif TA7

ampli Hafler P4000

lecteur CD Consonnances 120

Ludovic

Un excellent système d'une apparente simplicité : un pré-ampli passif, un ampli puissant à transistor, un bon lecteur CD, une enceinte HR de légende (les Voix du Théatre de chez Altec).

C'est percutant, rapide, défini, avec une belle image, presque parfait, même si on aurait pu préféré un bon 300B pour éviter une certaine dureté liée à l'ampli à transistor.
J'oublie cependant un maillon essentiel dans ce système : la pièce. Elle est très peu ou pas réverbérante, polarisée comme la pièce de Marcel Roggero, diffuseur de Schroëder derrière les enceintes. Il suffit de discuter quelques minutes à haute voix pour apprécier les qualités de la pièce, et pour mesurer les problèmes que l'on peut avoir dans nos salons. Tous les systèmes doivent pouvoir fonctionner plutôt facilement dans cet environnement et leurs qualités facilement identifiables.


 
Jérôme

Je suis arrivé en retard, j'ai donc loupé le début. Mais j'en ai entendu assez pour retrouver les qualités déjè entendues dans l'ancien auditorium de la NRDS : cohérence et tenue en puissance.
Le plus surprenant, finalement, est sans doute la modestie (toutes proportions gardées) des moyens mis en œuvre : Voix du Théatre 100% d'origine, monoamplification (Hafler P4000), système 3 voies. C'est dire si le système est très bien mis en valeur, et que l'acoustique a été travaillée pour permettre au système de s'exprimer pleinement.

Il y a quand même quelques éléments ésotériques, comme les Westrex 20/80 (équivalentes aux ALTEC 288) et des ALTEC 515 à membranes Electro-Voice. A part ça, tous les composants du système peuvent s'obtenir facilement... sauf, bien sûr, le talent de Jean Hiraga, et c'est ce qui fait toute la différence !


 
Yves&Véronique

Quel moment !
Lorsque nous avons quitté la RDS nous sommes allé avec Véronique et moi dîner dans un restaurant japonais que nous a recommandé Jean Hiraga et je ne pouvais m'empêcher tout au long du repas de méditer cette phrase qu'il nous a dite au moment de nous séparer :
« Vous savez j'ai entendu des systèmes bien meilleurs que celui-ci qui transfigurent littéralement la musique ».
Non seulement JH est un grand Monsieur par l'immense connaissance de la musique et du son qu'il partage avec tous les audiophiles français depuis de nombreuses années mais aussi par sa modestie et la simplicité avec laquelle il sait vous mettre à l'aise dans le type de rencontre que nous avons eu le privilège de vivre.

L'écoute de son système... c'est la claque... Après ça c'est difficile de réécouter autre chose. L'adéquation entre la salle d'écoute et une mise au point du système très pointue donne des résultats exceptionnels.
La salle est traitée sur les quatre murs et le plafond. Ce qui est intéressant c'est que l'auditorium se situe dans un environnement de bureau où les cloisons ne sont pas connues pour être l'idéal (comparées è des auditoriums enterrés dans des sous-sols). Comme quoi en traitant là où il faut, ça marche. Sur les murs latéraux des panneaux absorbants classiques faits maison et sur le mur derrière les enceintes, des panneaux diffusants faits maison également. Sur le mur derrière les auditeurs un rideau de feutre.

La première impression sur les morceaux choisis par JH donnent une impression de son mat, un peu une caractéristique des écoutes des systèmes japonais vs les systèmes anglais par exemple. Mais au fil de la séance, cette impression pour ma part a complètement disparu, pour faire place à une impression de totale neutralité. En fait chaque morceau exprime sa personnalité propre et certains enregistrements sont saisissants de vérité. En particulier j'ai été frappé par l'enregistrement du CD de guitare classique de Michèle Rinaldi-Labails chez moi, dont je connais par cœur les petits défauts (que je ne dévoilerai pas ici, c'est mon premier CD, je ferai mieux la prochaine fois) et dont je connais aussi les qualités, sachant qu'il n'y a aucun effet (reverb, compression,...). Je connais cette guitare par cœur pour l'avoir jouée et entendue plus de cent fois.
Pour la première fois j'ai retrouvé cette guitare. Le son, le grain, sa réverbération naturelle (le mi-grave accordé en Ré lui donne une grande ampleur sur les plages 9-10-11) mais surtout la taille de l'instrument. Sur beaucoup de très bons systèmes que j'ai pu entendre, la guitare est toujours surdimensionnée par rapport à sa taille réelle et ceci n'est pas une question de niveau d'écoute, c'est la capacité du système à reproduire ce qui est enregistré et gravé.
Les autres enregistrements ont confirmé cette impression. Sur les grandes masses orchestrales ou les disques qui sont 'pêchus', pas de distorsion, chaque instrument est identifiable dans l'espace et au bon niveau.

Bref pour la faire courte, un grand moment, ce qui nous a poussé avec Véronique è reconsidérer notre installation et à investir un peu. Je reconnais ma grande chance de partager cette passion (et d'autres) avec elle car quand il faut craquer quelques milliers d'euros toujours au détriment d'autre chose, ce n'est pas une lutte mais un décision plaisir à deux...


 
BrunoV

C'est un vieux rêve d'écouter enfin le système de la RDS. D'abord parce que c'est un système qui correspond à mes recherches du moment mais bien évidemment et avant tout, car c'est le repère de Jean Hiraga (et donc finalement un repère dans l'absolu) et que la compréhension de ce système permet de mieux juger les banc d'essais qui paraissent dans ma revue préférée.

Le système est composé de 2 voies (ce qui valide mon choix personnel) et amplifié par des Hafler P4000 (ce qui valide mon choix une deuxième fois).
A l'écoute, je retrouve une esthétique sonore que je qualifierais de japonisante avec un son relativement mat et peu spectaculaire, cela me rappelle mon casque Stax en grandeur nature.
Le grand pavillon sectoriel me laisse présager un problème d'image, et pourtant, les sources sont bien au contraire ponctuelles. Au point d'écoute en tous cas.

De la même manière, ma première impression est celle d'un manque en haut et en bas. Au fil des écoutes je m'aperçois que tout est là mais le système est tellement peu flatteur qu'il faut le temps de le découvrir. Le pavillon Altec marche vraiment bien avec un grave qui n'est pas abyssal (encore que il semble descendre assez bas) mais surtout bien timbré, sec, avec de l'impact. Parfois j'ai même l'impression qu'il est un peu trop bien tenu (cela est peut être dû au facteur d'amortissement du Hafler?).
Ça marche vraiment bien et les enceintes semblent presque domestiques dans cette grande salle.

En bref, et ce ne sera une surprise pour personne, c'est un système parfaitement optimisé, dans une optique de travail. Un zeste de folie en plus (l'ampli par exemple), quitte à tricher avec la vérité, et je l'emporte à la maison pour les années à venir. Enfin... à la maison quand j'aurai une pièce dédiée....
Cerise sur le gateau M. Hiraga me raccompagne jusqu'à la porte et me fait cadeau du numéro de Juillet/Août pas encore sorti dans les bacs. C'est bête mais ça m'a touché. Une bien belle découverte audio et humaine.


 
Raoul

C'est la troisième ou quatrième fois que j'écoute ce système et mon opinion n'a pas varié, c'est un des meilleurs que j'ai pu entendre, toutes catégories confondues.
La restitution des grandes masses orchestrales (Moussorgski/Tableaux d'une exposition) est cependant plus grandiose et semble plus réaliste chez Marcel Roggero (écoute automne 2004).

Des deux amplis de référence, le 300B n'était pas branché, seul le P4000 officiait.
Celui-ci tient les VOT d'une main de fer. Par rapport au 300B, il est juste un poil moins nuancé dans le médium-aigu. Mais c'est l'ampli idéal dans le grave.


 
Jean-Pierre

Quand je suis rentré dans l'auditorium de la NRDS j'ai ressenti immédiatement et physiquement le traitement acoustique de la pièce comme jamais auparavant, cette sensation n'était pas celle d'une pièce sourde ou suramortie, mais celle d'une pièce où on se sent bien, une pièce bien polarisée où on peu parler avec une intelligibilité parfaite sans aucun masque dû aux réflexions parasites. Et pourtant cette pièce est presque carrée.

Le mur derrière les enceintes est composé de diffuseurs de Schroëder sur toute sa surface, les murs latéraux sont polarisés par des panneaux inclinées de taille variable, le mur du fond est revêtu de feutre avec un rideaux devant les feutres, le sol est revêtus de tapis coco posés sur des épaisseurs de feutre pour éliminer les premières réflexions, et le plafond suspendu sur rail est constitué de dalles absorbantes.
L'acoustique est le point qui m'a le plus marqué lors de cette visite, elle conditionne le résultat de l'écoute qui a suivi.

Le système est constitué d'une paire de voie du théâtre A5X standard avec les volets pour abaisser la capacité en fréquence à 50Hz. Les haut parleurs de grave sont des Westrex remembrannés avec des membranes Electrovoice. Le pavillon est un 1505 Altec avec chambre de compression 2080. Entre les deux un filtre passif proche de celui que l'on peu trouver sur le net pour cette enceinte mais de realisation très soignée. Les composants sont noyés dans de la resine ou entourés de ruban adhésif amortissant pour les self. L'aigu est soutenu par une compression JBL2404 placé à l'aplomb du 2080.
L'électronique est réduite à minima. Un filtrage secteur, un lecteur CD Consonance suivi d'un ampli passif Lectron TA7 et d'un ampli Hafler P4000.

L'écoute a ete menée par Jean Hiraga sur des morceaux de plus en plus dynamique. La dynamique est pour moi le point fort du système, elle est percutante.
Du punch ne serait pas un terme assez vif pour caractériser l'écoute. En plus de cette dynamique la restitution ne perd pas sa précision. Les détails sont omniprésents et la scène sonore est remarquable. Le grave délivré par les VOT est charpenté et detaillé à souhait. Je n'ai jamais entendus de Voix du Théatre s'exprimer avec autant de conviction auparavant.
Aucune vibration parasite des VOT n'est perceptible sans doute grace a l'excellente acoustique de la pièce.

Hormis les disques test habituels, le morceaux de jazz d'un disque test de Raoul, enregistré sans aucun artifice m'a vraiment convaincu de la restitution exemplaire a tout point de vue de ce système.

Mon seul regret est de ne pas avoir pu les écouter avec des électroniques genre Audio Research et un dCs Elgar par exemple pour aller encore plus loin.

Un grand merci à Jean Hiraga pour son acceuil, on serait bien resté plus longtemps à parler avec lui.


 

à la position d'écoute Jean Hiraga, Raoul, Véronique

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