En ce vendredi 25 Novembre 2005 au soir, Jean Hiraga reçoit à la Revue du Son des membres de MELAUDIA ainsi qu'un « extérieur » invité : Dominique, Pascal, Raoul et Serge.

Outre l'écoute du système qui mérite le déplacement pour lui-même, le prétexte de cette rencontre est d'évaluer un amplificateur importé par Dominique Mafrand (MADOTEC). Cet ampli était à l'écoute sur le système de l'association il y a deux semaines et il avait laissé une excellente impression aux auditeurs présents le dimanche 13 novembre à Rueil, et Raoul voulait l'entendre sur un système « étalon », pour mieux en cerner la personnalité.

Il va sans dire que d'avoir l'occasion de rencontrer Jean Hiraga dans son environnement de travail ne peut laisser aucun amateur indifférent.

autour de l'ampli capot levé : Serge, Pascal, Dominique, Jean Hiraga

deux cartes sont installées dans le boitier, chacune est un ampli stéréo complet, alimentation comprise

Pascal

Pour tout audiophile français, une visite à la NRDS et au maître de ces lieux, Jean Hiraga, prend vite une allure de pélerinage. Et pourtant, en ce sombre vendredi de novembre, il nous fallut mettre en veilleuse nos élans mystico-audiophiles, car si nous étions là, c'est que nous avions la difficile mission d'évaluer un amplificateur apporté par Dominique et basé sur un module Flying Mole APS-S30A afin de le comparer à l'Hafler 4000 utilisé par Jean Hiraga himself et qui reste pour notre président bien aimé, Raoul 1er, le meilleur amplificateur pour une voie de grave. Les modules Flying Mole sont basés un fonctionnement en classe D, ce qui leur permet de tenir sur une carte qui parait d'autant plus minuscule qu'elle contient aussi une alimentation à découpage. On branche donc directement le secteur, les entrées haut-niveau et les HPs sur une carte pas plus grande qu'une calculatrice pour une puissance de 2x30W !

Placé au fond d'un dédale de couloirs, l'auditorium de la NRDS démontre que si les journalistes de la revue testent essentiellement du matériel, ils n'en oublient pas pour autant que la pièce est le premier maillon d'un système, peut-être le plus important. Derrière les imposantes enceintes VOT, des réflecteurs dispersent latéralement les ondes sonores. Sur les cotés, des absorbeurs placés en épi polarisent la pièce des enceintes vers l'auditeur. Jean Hiraga nous expliquera plus tard que tous ces élements de traitement acoustiques sont démontables ce qui permet à l'auditorium de suivre les différents déménagements du groupe de presse dont la NRDS fait partie.

Les enceintes sont les fameuses Altec Voice of the Theatre qui ont été décrites moultes fois et sur lesquelles je ne m'appesentirais donc pas. Ce qui est surprenant, c'est que bien la bande passante soit très étendue, ces enceintes sont quasiment des 2 voies car les 2 tweeters qui équipent chacune d'elles n'interviennent que très haut, au delà de 15KHz.

Nous commençons la séance d'écoute avec l'ampli Hafler. Jean Hiraga est au commande et nous passe une large sélection de CDs. Le choix de morceaux me fait irrésistiblement penser aux théories de GISM (un membre du forum Delphi) : on est clairement ici dans une écoute de type analytique car les musiques sélectionnées sont très démonstratives et éclairent sans pitié le moindre défaut de chaque appareil. On devine aussi que ce qui intéresse Jean Hiraga, ce sont les deux extrèmes du spectre. Le grave et l'aigu sont explorés dans leurs moindres recoins, mais le medium est un peu laissé de coté. Les voix en particulier sont quasiment absentes, ce qui me frustre un peu. Peu de morceaux swinguant ou rockandrollant non plus, ce qui ne me permettra pas de me faire une idée sur un aspect de la reproduction sonore qui m'est cher : le suivi rythmique. Par contre, sur le reste, il faut peu de temps pour se rendre compte que le système est de très haut niveau. La bande passante est large et régulière, sans couleur tonale particulière. L'image est belle mais sans être extraordinaire, car elle n'est ni très profonde ni très large ; cela n'est cependant pas frustrant car la scène sonore est tout à fait réaliste.

L'amplificateur Flying Mole nous plonge dans un autre univers sonore. L'aigu est un peu plus mis en avant et le grave est un chouïa plus court. En conséquence, le son parait un peu plus détaillé, sans être sur-défini pour autant. Jean Hiraga pronostique que la séparation des canaux est certainement meilleure et il est vrai que l'image sonore est un peu mieux définie. Les quelques voix entendues me donnent le sentiment que le Flying Mole est un peu moins éthéré que l'Hafler, qu'il donne un peu plus de chair aux interprètes mais cela resterait à confirmer par une sélection de titres plus riche dans ce domaine. Au final, ce nouvel amplificateur est apparu excellent, différent du Halfler bien entendu mais ayant sa propre personnalité. Raoul en fera-t-il son nouveau poulain pour la voie de grave dont il rêve ? Peut-être le saurons-nous bientôt, en tout cas nous sommes tous partis de la NRDS très heureux d'avoir pu pénétrer dans ce « sanctuaire » de la hifi française et très impressionnés parl a disponibilité de Jean Hiraga que nous avons tous remercié pour son accueil. Remerciements que je renouvelle ici et que j'envoie aussi à Raoul car c'est aussi grâce à lui que je ne lirai plus la NRDS tout à fait comme avant.


 
Serge

Encore un grand merci pour ce moment magique ,deux heures qui comptent dans la vie d'un « audiophile ».
Monsieur Hiraga est vraiment un grand monsieur, courtois, aimable, accessible, une oreille qui ne laisse rien au hasard, je suis vraiment très admiratif devant son système.

La salle d'environ 50 m2 est bien sûr traitée, les parois latérales sont absorbantes et diffusantes et non parallèles. Grâce à la structure du traitement, le mur derrière les enceintes est diffusant, diffractant verticalement, le mur devant les enceintes n'est pas encore finalisé mais est recouvert d'un rideau sur toute la surface. Le faux plafond est alternativement diffusant et absorbant.
Le système : VOT avec un 515 ALTEC  dont la membrane est de marque ELECTROVOICE , pavillons WESTREX avec un moteur WESTREX ( style ALTEC 288 ) tweeter JBL 2404 et 075 dirigés vers les murs latéraux, filtre passif HIRAGA made. Ampli HAFLER 4000, lecteur CD Consonance.

C'est un système très vivant, très aéré. La musique fusionne avec l'espace, les instruments se positionnent horizontalement, les bruits de salle, les respirations, on entend plein de details sans effort.
La dynamique est époustouflante, sur un CD de percussion, nous étions 4 invités, nous avons eu tous le même mouvement de recul, d'étonnement... presque de peur. Sur ce CD une personne  tape avec violence sur les cordes d'un piano à queue... c'est effrayant de réalisme, on ressent presque physiquement les impacts sur les cordes.
Après chaque morceaux nous nous regardions sourire aux lèvres, impressionnés, admiratifs.
Difficile de parler du grave, du medium, de l'aigu, mais j'ai été étonné par l'ampleur du grave, la VOT descend vraiment bas dans le grave, sans traînage, les contre basses sont très réalistes, elles ont du volume !!
L'aigu file très haut, les tests avec les clochettes font presque mal aux oreilles...


 
Raoul

En premier lieu, je refais un topo sur l'impression que je garde du P4000 sus le système de la RDS.

C'est un ampli qui tient les haut-parleurs d'une main de fer, sans entraver l'expression de la musique à reproduire. Rien ne déborde, pas de grave qui bave, d'aigu qui s'emmêle, de médium erratique. Tout est toujours en place... si c'est ce qu'il y a sur le disque.

Lors d'une lointaine écoute, Jean Hiraga nous avait fait écouter un 300B de son cru. Il était plus fruité, plus souple que le P4000 dans le médium, en échange d'une moins bonne tenue du registre grave.

Mon avis sur les deux amplis comparés.
Globalement le P4000 est plus rigoureux. Le Flyingmole a peut-être un équilibre plus « tubesque » qui favorise les fréquences moyennes et hautes.
Dans le bas, et c'est là qu'il m'intéressait de juger ces deux amplis, le Hafler est plus sec quand le Flyingmole paraît plus rond.

Je dois préciser que ces différences sont somme toutes minimes et devraient passer inaperçues sur les systèmes moins pointus.
Ce petit ampli qui tient sur une carte de 10x10 cm est donc bien tout à fait capable de faire de la belle musique.


 
Dominique

C'est une agréable surprise pour moi. Un système magnifique, du haut rendement sans agressivité, transparent, où on n'entend pas les haut-parleurs. Un système à la mise en oeuvre impeccable.

On a donc écouté deux amplis à transistors : le Hafler P4000 et le Flyingmole APS-S30a.
J'ai rarement entendu un système sonner comme ça sur du transistor. En général, aussi bon soit-il, à un moment ou à un autre, on entend la signature d'un ampli à transistors.
Il est probable que ça aurait été plus « joli » avec du vrai tube, mais en l'espèce, aucun des deux amplis ne sonnaient transistor.

Je n'ai pas non plus entendu de différences fondamentales entre les deux amplis. Le Hafler semble descendre plus bas, c'est dû au facteur d'amortissement très élevé du Flyingmole, qui dégraisse le bas-médium. Ce qui donne une meilleure analyse de ce registre.

On a noté également que le Flyingmole avait besoin d'un temps de chauffe avant lequel il apparaît un peu « vert ».


 
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