Cette année, la « French Team » a décidé d'apporter un système à ETF'04.

Le système

Le système in situ

Un affichage sous forme de dix panneaux permettaient aux festivaliers de d'appréhender les tenants et aboutissants du système.

Pour visualiser ces panneaux en détail au format PDF :

Description du « French System » par Jean-Michel Ce système a été mis au point en plusieurs étapes, notamment au cours du week-end d'écoute MELAUDIA, à Rueil-Malmaison (92) en octobre 2004.
 
Ce système à deux voies comprenait notamment des enceintes de grave de type isobarique chargeant des haut-parleurs de 30 centimètres Cabasse 30BZ18 ainsi que des chambres TAD TD2001 chargées par des pavillons circulaires de 55 centimètres de diamètre calculés par ma méthode et construits en plâtre par Marco. Dominique Mafrand avait apporté un ampli à 300B de type ´ parallel-feed ª ainsi que des câbles. J'avais apporté des amplificateurs AudioResarch D52B fonctionnant en mode ponté (plus de 200watts) pour alimenter les enceintes de grave ainsi que mon amplificateur single-end Shabda (19 watts) pour alimenter le médium-aigu.
 
Ecouté à mon domicile, ce système est d'un niveau comparable à mon système principal. À mon avis il est même meilleur sur certains points (rapidité du grave, naturel du médium-aigu ...). Dominique Mafrand avait pu goûter ses qualités lors d'une écoute préparatoire à ETF2004 et pu constater que, dans ma salle de séjour, ce système procure une écoute de type très dynamique, sans distorsion et accompagnée d'une image tridimensionelle.
 
Je serai honnête en disant que pendant les écoutes réalisées à ETF2004, les deux systèmes (le "French System" et le système de Thomas Mayer) de conception très différente, ont été à moitié décevants et ce à des degrés divers et pour des raisons différentes mais qui trouvent, à mon avis et pour une grande part, leur origine dans les conditions d'écoute à ETF2004.
 
Concernant le système de la French Team, là aussi les qualités constatées à mon domicile ne se retrouvaient pas. Les microdétails de la musique étaient absents, la dynamique apparente paraissait écourtée, notamment dans le grave et le bas-médium entraînant un manque de réalisme ainsi qu'un caractère peu entraînant et il manquait à l'image son caractère tridimensionelle. Il fallait attendre tard dans la nuit pour retrouver une écoute quelque peu correcte. Pour pondérer ces critiques on doit aussi ajouter que nombreux ont été les auditeurs à encenser les pavillons de Marco et que certaines "pointures" ayant écouté le système pendant des heures, l'ont trouvé très équilibré, avec très peu de distorsion et avec un grave de très haute qualité. À l'issue d'écoutes faites au milieu de la journée,dans un niveau de bruit élevé, d'autres auditeurs ont attribué, un peu rapidement à mon avis, les défauts dans le grave et le bas-médium à une réalisation un peu légère de l'enceinte (ce qui n'est pas le cas ). L'ayant écouté chez moi et en ayant fait de nombreuse mesures, y compris en proximité de la caisse elle-même, je crois plutôt que dans les conditions d'écoute d'ETF2004 on atteignait la limite de la linéarité du déplacement de la bobine dans l'entrefer et qu'en même temps intervenait une augmentation du fractionnement de membrane dans le haut-grave, dont on sait qu'il est amplifié par le fonctionnement isobarique.
 
Un chiffrage rapide permettra de fournir quelques explications au mauvais fonctionnement relatif des deux systèmes. Chaque voie du système conçu par Thomas Mayer possède approximativement 110dB/1m/1W d'efficacité. Compte tenu de la puissance des amplificateurs on peut donc théoriquement obtenir un niveau d'environ 113 décibels avant écrêtage (c'est approximatif car différent depuis l'extrême grave jusqu'au médium-aigu) à un mètre des enceintes.
 
Prenons 113 décibels à 1 mètre des enceintes comme niveau maximal de référence à prendre en compte pour le réglage du volume maximal d'un système. Le niveau de bruit ambiant à ETF2004 est élevé à très élevé, probablement 60 décibels voire plus, alors que dans une salle de séjour calme le niveau est d'environ 25 à 35 décibels. Les salles assez réverbérantes utilisées comme auditorium ne sont pas de nature à arranger les choses. J'ai parfois eu l'impression d'avoir les oreilles bouchées.
 
L'intervalle de dynamique autorisé à ETF 2004 est donc de moins de 55 décibels (pour mémoire un CD permet plus de 90 décibels). Dans le médium aigu le système de la French Team, avec une chambre TAD TD2001+ pavillon délivrant 109 dB/1W/1m alimentée par un amplificateur de 19 watts (mon amplificateur Shabda) peut délivrer des niveaux de plus de 121 décibels. Pour un système comme celui de la French Team dont les amplificateurs ne produisent pas de compression de dynamique, si on règle le niveau de sorte que les pointes de modulation atteignent 113 décibels alors les plus petits signaux se retrouvent à environ 23 décibels c'est-à-dire à 37 décibels sous le niveau de bruit. Résultat : les microdétails qui font la vie de la musique disparaissent et un tel système qui en écoute domestique dans une salle bien isolée acoustiquement est formidable devient alors mauvais.
 
À l'appui de cette hypothèse il est d'ailleurs frappant de remarquer que tous les petits systèmes musicaux dont on a parlé au début sont incapables de fournir un niveau de 120 décibels à un mètre (ils ne délivrent probablement pas plus de 105 décibels à 1 mètre) mais qu'ils sont tous basés sur l'utilisation d'un ou plusieurs dispositifs à dynamique non linéaire soit au niveau de l'amplification (amplificateur à tubes single-end à caractéristique d'écrêtage doux) soit au niveau des haut-parleurs utilisés (haut-parleur à faible excursion voire à profil de champ dissymétrique le long de l'entrefer) qui introduisent un effet de compression très positif lors d'une écoute dans ces conditions de fort bruit ambiant. Le faible intervalle de dynamique autorisé par ces systèmes, probablement moins entre 50 et 60 décibels, leur permet, une fois réglés pour un niveau maximal (par exemple 105 décibels à 1 mètre) de relever le niveau des microdétails enregistrés sur le CD au dessus du bruit et de les grossir. Cela se ressent à l'écoute par une richesse de détails qui donne un caractère très vivant à la musique.
 
Dans ce type d'explication on devrait aussi faire intervenir la psychoacoustique, par exemple les courbes d'audition de Fletcher et Munson ou celles de niveau de détection en présence d'un son masquant), cela nous mènerait trop loin mais irait dans le même sens que la démonstration ci-dessus.
 
En conclusion, je dirai que l'idéal du passionné de son de constituer un système respectant la dynamique de l'enregistrement doit être oublié lorsqu'on veut faire la démonstration d'un système en condition bruyante.
 
Si on veut réaliser un système permettant de réaliser de bonnes écoutes lors d'une manifestation comme le Festival Européen de la Triode il faut faire tenir les 90 décibels et plus des enregistrements dans une fenêtre de dynamique d'environ 50 à 60 décibels de sorte à ce que les microdétails de la musique puissent émerger du bruit et que sur les forte on ne dépasse pas un niveau difficilement supportable, compte tenu des caractéristiques des salles o˜ sont réalisées les écoutes. Cela signifie qu'il faut obligatoirement compresser la dynamique totale de la musique de 30 à 40 décibels.
 
À mon avis il n'est pas bon que la compression soit réalisée par le haut-parleur, mieux vaut que celui-ci soit le plus linéaire possible. Il faut donc que la compression soit faite au niveau de l'électronique. Cela peut peut-être réalisé par utilisation d'une chaîne électronique qui fournisse globalement un écrêtage de type doux (mais avec obligatoirement une augmentation de la distorsion avec le niveau). On peut aussi éventuellement penser à un dispositif peu distordant dont le gain s'adapterait automatiquement au niveau (avec l'inconvénient de la constante de temps d'un tel dispositif).
 
Ces deux propositions nous éloignent du but de fidélité À l'enregistrement souhaité et ne sont donc pas des solutions parfaites.
 
On ne peut que respecter le choix souvent fait par Jean Hiraga (auquel j'associe William Walther) d'éviter de faire des démonstrations lors de salons ou de festivals mais de préférer l'utilisation de salle de théâtre de bonne acoustique comme l'espace Kiron o˜ on pouvait entendre la rotation de la platine tourne-disque malgré les dizaines de personnes présentes...

TAD 2001 vs TAD 4001

L'un des intérêts de l'ETF, c'est de pouvoir comparer, in situ, beaucoup de d'éléments. Lorsque nous avons vu des TAD4001 sur les pavillons Avantgarde, nous avons bien sûr voulu les comparer aux TAD2001 sur pavillons « JMLC-Marco ».

Jean-Michel et Marco en train de fixer une TAD2001 sur un pavillon « JMLC-Marco ». On voit au fond (au sol) les deux pavillons Avantgarde équipés de TAD4001.

Marco À propos des TAD4001 et pavillons Avantgarde, très franchement j'ai adoré ! Des petites cochonneries dans le haut, et un ensemble pas tout à fait neutre, mais quelle patate !! On dirait que le pavillon descend plus bas alors que pour le comparatif on a utilisé les mêmes fréquences de coupure.
 
Il faut vraiment que je construise quelque chose pour ce moteur...

Dominique Belle prestation des Avantgarde et TAD4001 sur les isobariques, peut-être plus d'assise et d'articulation au niveau du raccord avec le grave, mais montaient moins haut, que les TAD2001. Moins linéaires cependant que le Marco 320, c'est sûr et confirmé par les mesures, mais il y avait quelque chose de plus charnu vers le bas.

Jérôme Ce que je retiens de ETF'04, entre autres choses, c'est la comparaison des TAD2001 (1 pouce, pavillons Marco) avec des TAD4001 (2 pouces, pavillons avant-garde) sur le système de la « French Team ».
 
À fréquence de coupure électrique égale, diamètre de bouche égal, type de pavillon égal (pavillon droit de section circulaire), la TAD4001 s'en sort bien mieux subjectivement, la TAD2001 donne un son plus « maigrelet » en comparaison directe.

Jean-Michel Jérôme, c'est vrai que l'écoute des 4001 était très bonne. Toutefois il faut se méfier des écoutes comparatives réalisées dans la précipitation.
 
Pour cet essai (je n'étais pas présent) vous avez remplacé les TAD2001 + pavillons Marco par les TAD4001 + pavillons Avantgarde.
 
Mais il ne faut pas oublier que l'amplificateur utilisé (mon ampli Shabda) a une grande impédance de sortie et que cela induit au niveau de la courbe de réponse une bosse autour du pic principal d'impédance électrique.
 
En utilisation au dessus de 1000Hz comme dans mon système principal, cela n'a aucune conséquence mais là, la chambre était coupée à 700Hz (on a fait avec Dominique également des essais avec 650Hz et le choix était difficile à faire) on obtient une bosse entre 700Hz et 1000Hz (on n'a pas voulu, ni trop eu le temps de l'égaliser, mais on aurait peut-être du car la présence de cette bosse dans cette intervalle de fréquence rendait trop maigre l'intervalle 300Hz - 650Hz reproduit par le haut-parleur de grave. Il est probable que le TAD4001 qui n'a pas du tout la même courbe d'impédance que le TAD2001 ait été avantagé car le raccord avec le bas-médium était meilleur (d'o˜ l'impression de plus de matière).
 
On verra ci-dessous une copie d'écran de la courbe de réponse du couple TAD4001 + pavillon Avantgarde mesuré durant ETF2004 (sur un amplificateur Bryston à impédance de sortie négligeable).

courbe de réponse du couple TAD4001 + pavillon Avantgarde

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